Animaux en danger Diffusé le

Une géante vulnérable, la baleine

Au Canada, les baleines se rassemblent chaque fin d’été dans le golfe du Saint-Laurent, un lieu propice au développement du plancton qui permet leur survie d’année en année. C’est ici que le biologiste marin Richard Sears les étudie. Il nous rappelle les principales menaces qui pèsent sur ces grands cétacés : la pollution des mers et la chasse commerciale à la baleine.

Un épisode de la série "Animaux en danger".

Réalisation : Nicolas Bazeille , Eric Ellena

Production : French Connection Films, Les productions Megafun, France Télévisions, CNRS Images, avec la collaboration d'Universcience

Année de production : 2018

Durée : 4min49

Accessibilité : sous-titres français

Une géante vulnérable, la baleine

Bonjour à tous. Je voyage à travers le monde, pour filmer les animaux en voie de disparition. Avec l'aide de scientifiques autour du globe, je cherche à trouver des solutions pour protéger ces animaux. Aujourd'hui, nous allons au Canada, découvrir le travail du scientifique Richard Sears, spécialiste des baleines et des rorquals. C'est dans le golfe du Saint Laurent, à l'est du Québec, que les scientifiques observent ces géants marins depuis 35 ans. Année après année, Richard a rassemblé quantité d'informations sur le comportement de ces baleines. Mais pourquoi viennent-elles si nombreuses dans le golfe du Saint -Laurent à la fin de chaque été ? Et surtout, comment font-elles pour nourrir un corps qui peut atteindre les 170 tonnes, dans le cas de la baleine bleue ? Il faut dire que les baleines vivent dans les océans. Donc elles sont supportées, si on peut dire, par l'eau. Elles peuvent manger des grandes quantités de nourritures quand elles en trouvent. Et d'avoir un gros volume, ça les protège du froid qu'on peut trouver dans les eaux profondes. Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles elles ont atteint cette taille et qu'elles survivent. Parce que la mer est un endroit idéal pour avoir une taille assez volumineuse. On sait qu'elles peuvent manger à peu près 4 tonnes par jour. mais ça veut pas dire que les animaux vont manger autant que ça tous les jours. Il y a des des journées de repos. Par exemple, ici on a vu des rorquals à bosse qui s'alimentaient pendant 6 heures de suite. Puis le lendemain, on voyait les mêmes individus au repos pendant presque autant de temps. Il ne faut pas penser que ce sont des machines qui mangent tous les jours forcément la quantité qu'ils pourraient manger en une journée. Dans le golfe Saint-Laurent, on a le courant du Labrador qui passe en profondeur le long de la côte nord. Et qui remonte près des îles, ici. C'est ce mélange des eaux, très oxygénées en plus, qui fait qu'il y a un bain de nutriments propices pour le planton et toute la chaîne alimentaire. Ça crée une situation dans l'écologie du Saint-Laurent, qui permet à ces animaux de trouver ce dont ils ont besoin pour bien s'alimenter, et pour survivre d'une année à l'autre. Ces animaux, quand ils font un échange d'air, dans leurs poumons, ils le font à peu près à 80 - 90 %. Donc, c'est l'une des raisons de leur puissance de souffle : pour le peu de temps qu'ils sont en surface, il faut vraiment que ce soit un échange efficace. On a de plus en plus d'outils qui nous permettent de voir ce qu'ils font, en dessous de la surface. Des balises spécialisées qui nous permettent de voir comment ils évoluent sous l'eau, Et des balises qui nous permettent de voir où ils migrent. Ou comment ils se dispersent dans un endroit comme le Saint Laurent. Richard Sears et son équipe ont collecté un grand nombre de données sur ces mammifères marins, en les photographiant et en réalisant des biopsies. Ils ont déjà répertorié plusieurs centaines de baleines et rorquals dans leur base de données. La base, la fondation, de ce travail, c'est d'avoir des catalogues de photos de chaque individu. Chez le rorqual à bosse, c'est la surface ventrale de la queue. Chez le rorqual commun, c'est le côté droit du corps, du flan. Chez les bleus, c'est les deux côtés de l'animal. Et s'il lève la queue, on prend la photo de la queue. C'est à travers les individus qu'on arrive à mieux connaître l'espèce. Les baleines peuvent vivre jusqu'à plus de 80 ans. Malgré leur taille imposante, ces animaux n'en restent pas moins vulnérables. Que peut-on faire pour les protéger ? Faire le moins de dégâts possibles aux océans. Ça veut dire faire moins de bruit, mettre moins de fluides nocifs qui viennent de différentes villes et d'usines du Saint-Laurent. Arrêter d’utiliser autant de plastiques qui vont dans le Saint-Laurent, parce que on peut retrouver chez les cétacés comme chez les tortues, des sacs plastiques dans le système alimentaire. Il faut arrêter de prendre les océans pour des poubelles. Si les hommes n'enrayent pas la pollution des océans et la chasse commerciale aux baleines, que pratiquent encore certains pays, ces majestueux animaux géants pourraient un jour venir à disparaître totalement de nos mers et océans.

Réalisation : Nicolas Bazeille , Eric Ellena

Production : French Connection Films, Les productions Megafun, France Télévisions, CNRS Images, avec la collaboration d'Universcience

Année de production : 2018

Durée : 4min49

Accessibilité : sous-titres français