Nature = futur ! Diffusé le

Une pêche « durable »

Comment faire face aux conséquences désastreuses de la surpêche ? Philippe Cury, directeur de recherche à l’IRD, invite pour cela à mieux connaître la biodiversité marine, base d’une pêche durable.

Un épisode de la série « Nature=futur ! »

Réalisation : Thomas Marie

Production : La Belle Société production / EPPDCSI-Universcience / MNHN / Ceebios / Ministère de la Transition écologique et solidaire / IRD / Institut des Futurs souhaitables / Région Nouvelle-Aquitaine / Région Sud / Région Bretagne / Communauté d’Agglomération Pays Basque / CNRS. Avec le soutien de l’ADEME, du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, CGDD, Via Occitanie,

Année de production : 2020

Durée : 4min37

Accessibilité : sous-titres français

Une pêche « durable »

Durant des millénaires, l’homme a pêché dans l’océan en l’exploitant comme un réservoir sans fin, sans chercher à comprendre le fonctionnement des écosystèmes marins. Peut-on mieux connaître, grâce à la science, les interactions entre les espèces marines et s’en inspirer pour pratiquer une pêche plus intelligente et plus durable ? L’exploitation des poissons, c’est l’exploitation d’une ressource sauvage à une échelle bien sûr aujourd’hui industrielle. C’est une ressource donc qui n’est pas contrôlée comme une ressource agricole. Donc ça veut dire qu’elle fluctue beaucoup d’une année sur l’autre. Et ça, en fonction bien sûr de l’exploitation, mais aussi en fonction des fluctuations climatiques. Alors, je dirais que c’est un peu comme les pommiers, il y a des bonnes années à sardines et des mauvaises années à sardines. Alors la chaîne alimentaire en milieu marin, toute l’énergie provient donc du soleil, le soleil qui fait pousser en quelque sorte ce phytoplancton. Donc le phytoplancton, c’est l’équivalent, je dirais, des arbres en milieu marin, il capte l’énergie solaire, se multiplie et donc il nourrit le zooplancton. Et ce zooplancton est, à son tour, mangé par des petits poissons, notamment les poissons fourrage qui sont les sardines, les anchois, les maquereaux. Et après, ces poissons sont eux-mêmes mangés par des prédateurs, ça peut être des morues, des congres, des merlus, et puis après ces autres poissons sont à nouveau mangés par des requins qui est un super prédateur. Il faut 10 tonnes de phytoplancton pour produire 1kg de requin. Dans l’écosystème marin, c’est ce jeu d’interactions qui assure à la fois la productivité et ce qu’on appelle la résilience des écosystèmes, c’est-à-dire leur stabilité et leur reproduction dans le temps. Aujourd’hui, l’exploitation est d’une intensité absolument incroyable, ce qui fait que toutes les ressources sont pleinement exploitées, mais aussi surexploitées. On estime que les ressources mondiales sont 40% de ce qu’elles étaient il y a une cinquantaine d’années. L’apport de la science dans la connaissance et la gestion des cycles trophiques de l’océan offre de nouvelles approches. Ces recherches montrent que l’on peut développer des techniques de pêche qui s’appuient sur un fonctionnement plus naturel. Il y a une notion extrêmement importante qui a été développée par les Nations Unies, c’est l’approche écosystémique des pêches. Et ça, c’est quoi ? C’est réconcilier la conservation avec l’exploitation. La recherche scientifique et la connaissance des populations et de leur fonctionnement dans les écosystèmes est tout à fait indispensable pour pouvoir connaître l’état des ressources, c’est-à-dire en réalité combien il y a de poissons dans la mer. Et ça, je dirais que on est capable de le faire, on est capable de compter les poissons dans la mer. Et donc, c’est un peu comme un magasin, si un magasin vous le gérer sans connaître votre stock, ça va pas aller très loin. Les outils scientifiques mis en œuvre pour l’évaluation des stocks, ils sont extrêmement variés, et on arrive à modéliser de façon extrêmement sophistiquée. Donc on a vraiment aujourd’hui une bonne connaissance, pour les stocks qui sont exploités, de ces évolutions, et de ces évolutions futures, c’est-à-dire qu’est-ce qui va se passer dans 20 ans, 30 ans, dans notamment des évolutions du climat. Aujourd’hui on sait qu’il faut laisser dans les océans entre un tiers et 40% de l’abondance de ces poissons fourrage pour pouvoir assurer la survie des oiseaux, assurer la survie des mammifères marins. Les pêches du futur, il faut qu’elles maintiennent des emplois et même qu’elles en créent, donc il va falloir développer des pêches qui soient plus artisanales. Il existe des engins beaucoup plus sélectifs. Ces engins-là permettent de prélever l’espèce que vous voulez sans détruire les autres espèces, et ça c’est extrêmement important pour la sauvegarde de la biodiversité. On parle, vous savez, beaucoup de développement durable, mais tout ce qu’on fait il n’y a absolument rien de durable. La seule chose qui soit durable, c’est la nature. C’est le seul modèle, à l’heure actuelle, qui existe, et qui nous montre qu’on peut s’adapter au changement, on peut produire, on peut évoluer, changer, exister. Une pêche plus naturelle, qu’elle soit artisanale ou pratiquée dans des fermes aquacoles, permet à la fois de lutter contre les conséquences du changement climatique, d’assurer l’alimentation d’un milliard de personnes et de maintenir des emplois indispensables notamment pour les pays du Sud.

Réalisation : Thomas Marie

Production : La Belle Société production / EPPDCSI-Universcience / MNHN / Ceebios / Ministère de la Transition écologique et solidaire / IRD / Institut des Futurs souhaitables / Région Nouvelle-Aquitaine / Région Sud / Région Bretagne / Communauté d’Agglomération Pays Basque / CNRS. Avec le soutien de l’ADEME, du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, CGDD, Via Occitanie,

Année de production : 2020

Durée : 4min37

Accessibilité : sous-titres français