Glissement de terrain à Recife

Un homme regarde les dégâts provoqués par un glissement de terrain à Recife, dans le nord-est du Brésil, le 31 mai 2022 © AFP Sergio Maranhao

Les habitants de la ville de Recife, à l’est du Brésil, font face à une catastrophe climatique sans précédent depuis quelques jours. Des glissements de terrain dus à des pluies torrentielles ont déjà tué 120 personnes et rendu 7312 personnes sans-abri.  

Les spécialistes expliquent ces épisodes par une combinaison de fortes pluies, exacerbées par le changement climatique, et l’implantation de quartiers entiers faits de logements précaires dans des zones escarpées à risque. Dans la nuit du vendredi 27 mai au samedi 28 mai il a plu l’équivalent de 70 % des prévisions météorologiques du mois de mai de la ville surnommée « la Venise du Brésil ». Soit trois semaines de pluie en une seule nuit. 

Ces épisodes de fortes pluies augmentent avec le réchauffement climatique. L'atmosphère est plus chaude et contient plus de vapeur d'eau. En moyenne, l'humidité dans l'atmosphère augmente de 7% par degré supplémentaire comme l'explique le CNRS.

Le dernier rapport du Giec, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, affirme que les inondations vont se multiplier dans les prochaines années. Déjà en février 2022, le Brésil avait dû faire face à des glissements de terrain causés par des pluies diluviennes dans la ville de Petropolis. Plus de 230 personnes sont mortes dans la catastrophe. 

Glissement de terrain Recife

L'intérieur d'une maison endommagée par un glissement de terrain à Recife, dans le nord-est du Brésil, le 1er juin 2022 © AFP Sergio Maranhao

Le Centre national de surveillance et d’alerte des catastrophes naturelles du Brésil (Cemaden) estime que 9,5 millions de personnes au Brésil vivent dans des zones exposées aux glissements de terrain ou aux inondations. La ville de Recife et ses 1,6 million d’habitants n’échappent pas aux réalités des inégalités sociales. Les bidonvilles sont construits sur des terrains instables et escarpés en périphérie de la ville, particulièrement sujets aux ruissellements et aux inondations.  

Le président brésilien Jaïr Bolsonaro a survolé les zones inondées lundi 30 mai et le gouvernement a débloqué un crédit de 1 milliard de réais (environ 198 millions d’euros) pour venir en aide aux sinistrés. Il publie sur Twitter son soutien aux victimes et affirme l’aide de la police pour déblayer les routes et aider à retrouver les victimes sous les débris.