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Le PDG d'ispace, Takeshi Hakamada présente le programme Hakuto-R, composé d'un alunisseur et un rover, le 26 septembre 2018 à Tokyo © AFP/Archives Natsuko FUKUE

SpaceX a reporté encore une fois mercredi le décollage d’une fusée avec à son bord un alunisseur et un rover. L'alunisseur, construit par une entreprise japonaise,  pourrait devenir le premier engin privé — et japonais — à atterrir sur la Lune.

Le décollage de la fusée Falcon 9, qui avait déjà été reporté, devait avoir lieu à 3h37 du matin jeudi (8h37 GMT) depuis Cap Canaveral en Floride, mais l’entreprise SpaceX a indiqué sur Twitter devoir reporter le vol après avoir procédé à des vérifications supplémentaires. 

« Après des vérifications supplémentaires du véhicule de lancement et une revue des données, nous allons reporter le lancement », a déclaré l’entreprise, ajoutant « qu’une nouvelle date de décollage serait annoncée une fois confirmée ». 

Jusqu’ici, seuls les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont réussi à faire atterrir des robots sur la Lune, située à environ 400 000 km de la Terre.

Cette mission de la société japonaise ispace est la première d’un programme baptisé Hakuto-R. L’alunisseur, qui mesure un peu plus de 2 mètres sur 2,5 mètres, doit atterrir autour du mois d’avril 2023 sur la face visible de la Lune, dans le cratère Atlas, selon un communiqué de l’entreprise.

L’alunisseur, qui n’est pas conçu pour un équipage humain, transporte un petit rover de 10 kilos, nommé Rashid, construit par les Emirats arabes unis. Ce pays est un nouveau venu dans la course spatiale et tente de s’y imposer ces dernières années. En cas de succès, il s’agira de la première mission lunaire pour un pays arabe.

« Nous avons tant accompli en six petites années, depuis que nous avons commencé à conceptualiser ce projet en 2016 », a déclaré dans un communiqué le PDG d’ispace, Takeshi Hakamada.

Le projet Hakuto de cette entreprise était l’un des cinq finalistes de la compétition internationale Google Lunar XPrize, qui s’était achevée sans vainqueur, aucune compagnie n’ayant réussi à faire alunir un robot avant la date fixée (2018). Mais certains projets n’ont pas été abandonnés.

Un autre finaliste, de l’organisation israélienne SpaceIL, avait échoué en avril 2019 à devenir la première mission au financement privé à réussir l’exploit. L’alunisseur s’était écrasé sur la surface en tentant d’atterrir.

Ispace, qui compte seulement quelque 200 employés, entend mettre en place « un service de transport vers la Lune fréquent et à bas coût ». 

La société japonaise souhaite également contribuer au programme Artémis de la Nasa, dont la première mission non habitée est en cours. L’agence spatiale américaine entend développer l’économie lunaire en construisant dans les prochaines années une station spatiale en orbite autour de la Lune, et une base à sa surface. 

Elle a décerné des contrats à plusieurs entreprises pour développer des alunisseurs permettant de transporter des expériences scientifiques jusqu’à la Lune. Parmi elles, les sociétés américaines Astrobotic et Intuitive Machines devraient décoller en 2023, et pourraient arriver à destination avant ispace en empruntant une route plus directe, selon la presse spécialisée.