grenouille citrouille exposée à la lampe à ultra-violets est fluorescente au dos et au dessus de la tête.

Grenouille « citrouille » (Brachycephalus ephippium) sous lumière naturelle (gauche) et sous ultraviolet (droite). © S. Goutte.

Les grenouilles « citrouille » (Brachycephalus) sont minuscules, colorées et fortement toxiques. Durant la saison des amours, on peut les apercevoir de jour sur la litière de la forêt atlantique brésilienne à la recherche d’un partenaire. Après avoir découvert en 2016 que cette espèce était sourde à son propre chant, les chercheurs d’une équipe internationale se sont penchés sur les signaux visuels que pouvaient utiliser ces grenouilles pour communiquer à la place des chants.

De façon surprenante, celles-ci ont réagi au test effectué à la lumière ultraviolette : le dos et le dessus de la tête des grenouilles se sont illuminés. Les motifs fluorescents sont créés par des tissus osseux formant des plaques sur le crâne et le dos sous une couche très fine d’épiderme. En réalité, c’est le squelette tout entier qui est extrêmement fluorescent, mais cette propriété n’est visible qu’aux endroits où l’os est très proche de la surface.

Ces toutes petites grenouilles sont diurnes et, dans leur habitat naturel, leur fluorescence pourrait être perçue en plein jour par certaines espèces (ce qui n’est pas le cas chez l’homme). Si cette hypothèse se vérifiait, ces motifs pourraient prévenir les potentiels prédateurs de la toxicité de ces grenouilles. Pour le savoir, les chercheurs doivent pousser encore plus loin leurs recherches.