De nombreux pays européens sont confrontés depuis quelques semaines à une nouvelle accélération des contaminations © AFP/Archives Stéphane de Sakutin

De nombreux pays européens sont confrontés depuis quelques semaines à une nouvelle accélération des contaminations © AFP/Archives Stéphane de Sakutin

L’été pointe le bout de son nez et s’accorde une nouvelle fois avec une remontée des cas de Covid-19 en Europe. De nouveaux sous-variants d’Omicron appellent à la vigilance. Depuis une dizaine de jour, la France affronte à une recrudescence des cas de Covid-19 avec 95 000 cas mardi 21 juin d’après Santé publique France. Un chiffre qui a doublé depuis une semaine. Les hospitalisations ont augmenté quant à elle de 15 %.

Les autres pays européens sont eux aussi touchés. Le Portugal a connu en mai une forte augmentation. Au Royaume-Uni, les infections quotidiennes sont quasiment au plus haut depuis le début de la pandémie. L’Italie a comptabilisé 30 526 nouveaux cas en 24 h, de samedi à dimanche, avec une augmentation de 63,4 % en 7 jours, selon le dernier rapport du ministère de la Santé. 

Deux nouveaux variants

La reprise s’explique par la conjonction de deux effets, explique à l’AFP Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’université de Montpellier. D’une part, un « déclin immunitaire », c’est-à-dire que « la protection conférée par une infection ou une dose de vaccin décroît avec le temps ».

D’autre part, l’arrivée de nouveaux sous-lignages d’Omicron, BA.4 et surtout BA.5, qui se propagent d’autant plus rapidement qu’ils semblent bénéficier d’un double avantage de contagiosité et d’échappement immunitaire. « On est face à une évolution continuelle du virus, qui rencontre des personnes ayant déjà des anticorps — parce qu’elles ont été infectées auparavant ou vaccinées — et qui doit avoir un avantage sélectif pour parvenir à se faufiler », décrypte Olivier Schwartz, directeur de l’unité Virus et Immunité de l’Institut Pasteur. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé mi-juin que, sur la base de données encore limitées, « il n’y a aucune preuve que BA.4 et BA.5 sont associés à une gravité accrue de l’infection »

 

Un stand de test à Munich, dans le sud de l'Allemagne, en avril 2022 © AFP/Archives Christof Stache

Un stand de test à Munich, dans le sud de l'Allemagne, en avril 2022 © AFP/Archives Christof Stache

Vers une hausse des hospitalisations ?

Une augmentation des cas de Covid-19 peut entraîner une augmentation des hospitalisations dans un contexte hospitalier déjà sous tension. Cependant, la population européenne est dans l’ensemble fortement immunisée grâce aux vaccins et infections passées. Cela lui confère une protection a priori plus forte contre le risque d’une forme grave de la maladie que contre le risque d’une nouvelle infection, ce qui devrait limiter l’ampleur du rebond des hospitalisations.

En France, la « reprise épidémique modérée » des dernières semaines « s’accompagne d’une petite reprise des hospitalisations » et risque d’entraîner « une hausse décalée dans le temps » des entrées en soins critiques et des décès, a noté mardi le Pr Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale. Le gouvernement a d’ailleurs appelé cette semaine les plus âgés à recevoir le second rappel vaccinal « le plus vite possible ». Un quart des personnes éligibles ont reçu leur second rappel vaccinal contre la Covid, un taux « clairement insuffisant », souligne le gouvernement.