Selon une étude danoise, le bilan environnemental des ordinateurs utilisés pour réaliser les transactions avec le Bitcoin reste modéré. Les évaluations antérieures laissaient présager un impact majeur.

Le Bitcoin est une monnaie numérique apparue il y a un peu plus de dix ans. Présentée comme une alternative aux systèmes de paiement bancaires, elle prétend offrir la possibilité de réaliser des transactions transparentes, infalsifiables et anonymes. © Getty Images

Le Bitcoin est une monnaie numérique apparue il y a un peu plus de dix ans. Présentée comme une alternative aux systèmes de paiement bancaires, elle prétend offrir la possibilité de réaliser des transactions transparentes, infalsifiables et anonymes. © Getty Images

Depuis l’existence de cette crypto-monnaie, les rumeurs quant à l’impact environnemental des ordinateurs utilisés pour réaliser tous ces calculs vont bon train. On a ainsi pu voir dans certains articles que l’énergie nécessaire au minage du bitcoin – vérification des transactions via des algorithmes de cryptographie – serait plus importante que celle de l’exploitation minière de l’or, ou qu’elle serait égale à celle de la Suisse entière.

Pour résoudre cette question, Susanne Köhler et Massimo Pizzol, de l’Université d’Aalborg au Danemark ont évalué le cycle de vie du minage de Bitcoin. Ils ont pris en compte toutes les étapes nécessaires au minage, depuis la création d’un ordinateur jusqu’à son recyclage en passant par son utilisation. Bilan : sur l’année 2018, le réseau nécessaire au Bitcoin a consommé 31,3 Terrawatt-heures d’électricité et a généré 17,3 mégatonnes de dioxyde de carbone. Des données bien moindres que ce qui avait pu être avancé.

Les régions contribuant à l’empreinte carbone, dans le minage du Bitcoin. 70% de l’empreinte carbone est dû à quatre régions seulement : la Mongolie-intérieure, Xinjang en Chine, Alberta au Canada et la Russie © Susanne Köhler et Massimo Pizzol

Les régions contribuant à l’empreinte carbone, dans le minage du Bitcoin. 70% de l’empreinte carbone est dû à quatre régions seulement : la Mongolie-intérieure, Xinjang en Chine, Alberta au Canada et la Russie © Susanne Köhler et Massimo Pizzol

Les chercheurs ont également mis en évidence que l’utilisation des ordinateurs représentait plus de 99% de l’empreinte carbone liée aux opérations de minage, bien loin devant la production (0,93%) ou le recyclage (0,02) des dites machines. Ce résultat s’explique par la localisation géographique des mineurs, qui se concentrent dans des régions utilisant essentiellement du carburant fossile pour leur électricité.

Pour diminuer l’impact environnemental du minage de Bitcoin, les auteurs de l’étude qui vient d’être publiée dans la revue Environnemental Science and Technology proposent plusieurs solutions : construire des ordinateurs plus performants, augmenter l’utilisation d’énergie renouvelable et miner dans des régions plus froides, où les ordinateurs auront moins besoin d’être refroidis.

Pour mémoire, le Bitcoin repose sur le principe de chaîne de blocs, plus couramment nommée « blockchain ». Une technologie qui a pour fonction de stocker et transmettre des informations sans organe de contrôle central. Les transactions effectuées entre les utilisateurs du réseau sont regroupées par « bloc », les uns à la suite des autres. Ces transactions sont validées par des individus qu’on appelle les « mineurs ». Ces derniers ont pour rôle de vérifier les transactions (validité de l’émetteur, disposition des fonds de l’émetteur, etc) en résolvant des algorithmes de cryptographie complexes qui requièrent de grandes puissances de calcul.