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Le retour de la capsule Starliner de Boeing à White Sands, au Nouveau Mexique, le 22 décembre 2019 © NASA/AFP Bill Ingalls

La Nasa a établi une liste de 80 recommandations que le géant aérospatial américain Boeing devra appliquer avant de faire revoler sa capsule spatiale Starliner, après l'échec d'une mission de démonstration non habitée qui aurait pu être gravissime si des astronautes avaient été à bord.

Les recommandations concernent en premier lieu les logiciels de bord, à l'origine du problème principal du vol de décembre dernier: la capsule n'a pas pu être placée sur la bonne orbite, en raison d'une erreur d'horloge, et a dû revenir sur Terre au bout de deux jours alors qu'elle devait rejoindre la Station spatiale internationale. Boeing s'est ensuite aperçu que d'autres problèmes de logiciels auraient pu faire s'entrechoquer la capsule et la fusée au moment de la séparation, ce qui aurait pu être très dangereux pour un équipage.

La plupart des problèmes identifiés sont profonds et organisationnels, notamment la procédure de vérification par la Nasa, qui est cliente de Boeing mais aurait trop fait confiance à son partenaire industriel historique. « Peut-être étions-nous trop focalisés sur SpaceX », a reconnu Steve Stich, responsable du programme des vols commerciaux de la Nasa, dans un appel avec des journalistes.

SpaceX, nouvelle venue de l’industrie spatiale, est l’autre société à avoir été choisie par la Nasa pour développer un véhicule pour l’agence américaine ; mais contrairement à Boeing, sa capsule Dragon a réussi sa mission à vide en 2019, puis son premier vol habité fin mai, avec deux astronautes à bord. « Nous étions plus habitués au processus de Boeing », a dit Steve Stich. Le nouveau vol d’essai, non habité, de Starliner pourrait avoir lieu « à la fin de l’année », a-t-il dit, sans garantie. Boeing ne transportera donc pas d’astronautes avant 2021, alors que le deuxième vol habité du Dragon de SpaceX est prévu dès cet été.