3 questions sur... Diffusé le

3 questions sur... le transport du SARS-CoV-2 dans l’air

Que sait-on aujourd’hui de la survie du SARS-CoV-2 dans l’air et de sa capacité à s’y déplacer ? La contamination aéroportée est-elle aujourd’hui avérée ? Quelles précautions adopter ? Les réponses de Jean-François Doussin, professeur à l’université Paris Est-Créteil et chercheur au LISA (CNRS/université de Paris-Upec).

Réalisation : Barbara Vignaux , Delphine Bonnart

Production : Universcience

Année de production : 2020

Durée : 5min27

Accessibilité : sous-titres français

3 questions sur... le transport du SARS-CoV-2 dans l’air

La parole, le chant, le cri, la respiration, toutes ces activités émettent des particules, des particules fines et des particules moins fines, les plus grosses vont tomber rapidement à proximité de l’émetteur mais les plus petites vont pouvoir être transportées sur de très longues distances et au sein de ces particules qui font typiquement de l’ordre de 1 - 2 micromètres, eh bien, on peut trouver le virus qui fait lui, de l’ordre de 0,15 micromètres, donc beaucoup plus petit, et qui va voyager au sein de ces particules Alors, quand il est dans cette phase que nous, les scientifiques, on appelle la phase aérosol la phase particulaire, eh bien le virus peut être conservé pendant plusieurs heures où on a une première série d’expériences qui ont montré que le virus survivre au moins trois heures et ensuite une deuxième publication scientifique qui a montré que la survie du virus pouvait être de l’ordre de 16 heures. Rapidement, dans l’émergence de l’épidémie, ça nous a fait comprendre que parce qu’il est dans une phase aérosol fine et parce qu’il peut survivre assez longtemps dans cette phase aérosols fines, alors le virus pouvait être transporté sur d’assez longues distances typiquement plusieurs centaines de mètres et même au delà. Heureusement, quand il est transporté, il est aussi très fortement dilué donc ces concentrations vont être très faibles. Dans certaines conditions, heureusement, le virus va survivre moins longtemps, et une première très bonne nouvelle qui a été publiée dans la littérature scientifique, c’est que quand il est exposé à la lumière solaire et en particulier au rayonnement UV ultraviolets de la lumière solaire eh bien sa durée de vie diminuait très nettement et évidemment, passer de 16 heures de durée de vie, dans des conditions, on va dire sombres, à quelques minutes, ça donnait un grand espoir par rapport à la limitation de la capacité du virus à se déplacer. Puis plus récemment encore, on se rendait compte que 20 degrés et 40 % d’humidité relative, on avait une durée de vie de l’ordre de 24 heures alors qu’à 27 degrés on pouvait descendre de l’ordre de quelques heures. On ne peut pas dire, aujourd’hui que l’importance de la transmission aéroportée du SARS-Cov2 soit absolument établie. Ce que l’on peut dire, par contre, c’est que l’on sait que nous émettons ce virus dans des tailles d’aérosols qui vont pouvoir être transportées sur de longues distances. Nous pouvons dire également que le virus, dans certaines conditions, va pouvoir survivre suffisamment longtemps pour être transporté sur de longues distances. Nous pouvons dire également que les particules fines qui contiennent le virus sont beaucoup plus facilement inhalées que les grosses particules et donc on pourrait imaginer que tout est établi pour dire que ce mode de transmission est important, mais en fait, il nous manque un élément essentiel qui est la question de la dose. Comme je l’ai dit tout à l’heure, nous parlons ici d’un aérosol qui est extrêmement dilué et qui va se diluer encore au cours de son transport, et donc la question de la dose infectante n’étant pas réglée, on ne sait pas si ce mode de transmission est absolument déterminant. La première et la plus évidente, c’est évidemment le port du masque. la deuxième précaution, quand on est en intérieur, c’est d’assurer une ventilation et en particulier un renouvellement d’air extérieur le plus important possible, et de minimiser non seulement la présence de personnes potentiellement émettrices par m2 mais en plus de s’assurer que l’on a une bonne ventilation, et un bon test pour cela, c’est de suivre, grâce à des petits capteurs qui sont finalement relativement bon marché, la concentration de co2 dans la pièce. La troisième précaution évidente, c’est de chaque fois que c’est possible, systématiquement préférer des activités à l’extérieur de telle sorte que l’on va favoriser la dilution de nos propres émissions et quand la météo le permet, de telle sorte que l’on va avoir un ensoleillement qui peut participer à la désactivation du virus qui peut être éventuellement présent dans nos propres émissions.

Réalisation : Barbara Vignaux , Delphine Bonnart

Production : Universcience

Année de production : 2020

Durée : 5min27

Accessibilité : sous-titres français