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Voir comme les chauves-souris

Contrairement à ce que l'on pense, les chauves-souris ne sont pas aveugles, mais elles possèdent une vue de faible qualité. Pour compenser ce handicap, elles utilisent un système d'ondes acoustiques appelé écholocalisation. Une technologie très efficace basée sur des ultra-sons, qui intéresse les scientifiques pour des applications très larges, dans les domaines militaires, de la santé ou de la biodiversité.

Réalisation : Thomas Marie

Production : La Belle Société production / EPPDCSI-Universcience / MNHN / Ceebios / Ministère de la Transition écologique et solidaire / IRD / Institut des Futurs souhaitables / Région Nouvelle-Aquitaine / Région Sud / Région Bretagne / Communauté d’Agglomération Pays Basque / CNRS. Avec le soutien de l’ADEME, du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, CGDD, Via Occitanie,

Année de production : 2020

Durée : 4min44

Accessibilité : sous-titres français

Voir comme les chauves-souris

La chauve-souris est un animal qui fascine l'Homme depuis la nuit des temps. On en compte plus de 1400 espèces sur la planète. Ce mammifère volant possède des facultés extraordinaires de déplacement dues à son système de localisation par ultrasons. Dans quel domaine l'Homme pourrait-il s'inspirer de cette technologie unique appelée écholocation ? "Ce système d'écholocation est extrêmement important en particulier pour les chauves-souris insectivores. C'est un peu le seul moyen de repérer une petite proie, un petit insecte qui vole dans des conditions où la vision est largement insuffisante, même dans une obscurité totale. L'écholocation, ça consiste à exploiter les informations qui sont contenues dans un écho. En l'occurrence, pour les chauves-souris, l'écho des cris qu'elles émettent. Elles émettent des sons très aigus, souvent des ultrasons. Ce sont des sons trop aigus pour qu'un être humain moyen les entende. Un écho, c'est un peu comme un reflet dans le domaine visuel. Ce sont vraiment les ondes sonores qui sont renvoyées par l'environnement autour de l'animal. La réception et l'analyse de ces signaux se font par des oreilles qui sont construites exactement comme les nôtres. Cette information acquise par l'oreille et transmise au cerveau. Rien qu'en estimant le délai, le temps qui s'est écoulé entre l'émission d'un cri et le retour de l'écho, on a une idée de la distance de l'obstacle qui renvoie cette écho. Puis, un objet qui renvoie un écho ne va pas être perçu de la même façon par l'oreille droite et par l'oreille gauche s'il n'est pas exactement dans l'axe, et ce système a atteint un degré de précision vraiment extrême. Les plus petites espèces, celles qui chassent les plus petits insectes peuvent estimer leurs distances avec une précision de l'ordre d'une fraction de centimètres quand l'insecte est à quelques mètres et distinguent des détails de l'ordre du millimètre." Des chercheurs ont réussi à reproduire cette technologie en utilisant la démarche biomimétique. Pour cela, ils ont dû croiser plusieurs disciplines : la biologie, les neurosciences et les sciences de l'ingénieur. D'autres facultés spécifiques aux chauves-souris intéressent également le domaine médical. "Cela a donné quand même énormément d'idées fertiles à tous ceux qui essayaient d'améliorer la perception des non-voyants et des aveugles et le repérage. Donc on a des systèmes, il y a eu deux développements : un comportemental, qui consiste finalement à apprendre à des humains à pratiquer l'écholocation, ce qui est beaucoup moins difficile, moins extraordinaire qu'on ne le croirait, et puis l'autre, plus technologique, consiste à développer des systèmes qui émettent des sons et analysent l'écho et peuvent donc transmettre à un aveugle l'information de l'écho. L'ultra-canne émet ou peut émettre à la demande des petits signaux ultrasonores très courts. Ces ultrasons sont transformés en informations, c'est-à-dire en vibrations, celui qui tient la canne. Il existe même un dispositif analogue qu'on peut monter sur un guidon de bicyclette et qui permet de repérer des obstacles dans un rayon de quelques mètres, et qui s'appelle l'ultra-bike. Il y a un domaine totalement différent aussi, qui concerne les vampires, donc qui sont des chauves-souris qui se nourrissent uniquement de sang et qui ne vivent que dans les régions d'Amérique tropicale. Ces vampires secrètent dans leur salive une substance anticoagulante extrêmement active qui leur permet de saigner un animal pendant une durée assez longue. On s'est inspiré de ce produit, de cette sécrétion de la chauve- souris pour mettre au point des médicaments anticoagulants. Les chauves-souris, comme beaucoup d'autres espèces, beaucoup de secteurs de la biodiversité sont menacées actuellement. Elles subissent pas mal d'impacts, dont le premier qui est trivial, qui concerne à peu près toutes les espèces vivantes, c'est la modification de leurs habitats, l'urbanisation, l'intensification de l'agriculture qui pourraient conduire à terme à l'extinction d'au moins une espèce en France, une grande espèce dont les effectifs sont assez réduits." En consommant des insectes comme les moustiques et les papillons de nuit, les chauves-souris rendent des services bénéfiques aux écosystèmes, et notamment à l'agriculture. Mieux connaître et mieux recenser les populations de chauves-souris comme ici, à Paris, qui abrite la deuxième plus grande colonie urbaine d'Europe, est donc fondamental pour la biodiversité mais aussi pour l'Homme.

Réalisation : Thomas Marie

Production : La Belle Société production / EPPDCSI-Universcience / MNHN / Ceebios / Ministère de la Transition écologique et solidaire / IRD / Institut des Futurs souhaitables / Région Nouvelle-Aquitaine / Région Sud / Région Bretagne / Communauté d’Agglomération Pays Basque / CNRS. Avec le soutien de l’ADEME, du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, CGDD, Via Occitanie,

Année de production : 2020

Durée : 4min44

Accessibilité : sous-titres français