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À gauche, la pseudo poussière lunaire avant extraction de l’oxygène. À droite, après extraction, il reste un matériau utilisable © Beth Lomax/Université de Glasgow

Le jour où l’humanité s’installera sur la Lune pour y rester, il faudra bien utiliser les ressources disponibles sur la place. Ainsi, extraire de la poussière lunaire l’oxygène qui s’y trouve pourrait donner de l’autonomie aux astronautes. L’idée est dans l’air depuis que les analyses de la poussière ramenée par les missions Apollo ont montré qu’elle contenait jusqu’à 45 % de son poids en oxygène. Le reste se compose essentiellement de sodium, magnésium, fer et titane. 

Diverses techniques ont déjà été testées sur Terre pour extraite l’oxygène de la poussière, mais la plupart sont très coûteuses en énergie, car il faut pour cela énormément chauffer la poussière.

Or l’Agence spatiale européenne (Esa) vient de proposer une nouvelle technique, testée sur un matériau semblable à la poussière lunaire et basée sur l’électrolyse cette fois. L’électrolyse est un processus de décomposition chimique par la stimulation électrique du matériau. La poussière est mélangée à du chlorure de calcium fondu, une substance à base de sel au rôle essentiel, car elle est conductrice. Le tout est chauffé à 950 °C, une température élevée, mais qui ne fait pas fondre le matériau. Le panier est ensuite électrisé. En réaction, l’oxygène se sépare du sel, il peut ainsi être récupéré et entreposé.

À ce jour, il s’agit de la méthode offrant le meilleur rendement : 15 heures suffisent à extraire 75 % de l’oxygène contenu dans la poussière. En outre, ce qui reste après extraction de l’oxygène, un mélange de différents métaux, pourrait être utilisé pour produire des alliages ou recouvrir l’habitat afin de protéger les astronautes des rayons cosmiques.

L’oxygène lunaire – outre la respiration des astronautes – pourrait aussi être utilisé pour la propulsion des vaisseaux spatiaux. Notre satellite pourrait ainsi devenir le point de départ de missions vers l’espace profond.