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La plaquette gravée découverte à Angoulême © D.Glicksman/Inrap

L’affaire est entendue depuis plus d’un siècle : l’art figuratif préhistorique disparaît à la fin de la dernière glaciation, il y a 14 000 ans. Avec le réchauffement du climat, les sociétés changent et les seules manifestations artistiques qui demeurent sont les petits galets peints ou gravés de signes géométriques. Du moins, c’était le cas jusqu’à l’analyse par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) d’un galet gravé, découvert à Angoulême, en Charente, en novembre 2018.

Les deux faces de ce galet, qui mesure 18 centimètres sur 23, sont gravées : le corps d’un cheval apparaît d’une manière évidente, profondément gravé. D’autres animaux se devinent, un cervidé et un bovidé, gravés plus superficiellement. Ce galet a été daté, comme le gisement dans lequel il a été trouvé, de -12 000 ans av. JC, soit deux millénaires plus tard que les dernières traces d’art figuratif connues jusqu’alors.

Cette découverte remet donc en question ce qu’on croyait savoir de l’évolution des sociétés humaines à la fin de la glaciation. Un peu à la manière – dans un autre registre – de la grotte Chauvet. 

Décryptage des gravures. Les têtes des animaux sont manquantes. © D.Glicksman Inrap

Mise en évidence des gravures, les têtes des animaux étant manquantes © D. Glicksman/Inrap