SuperNaturel Publié le

Décembre : la vie sous terre renaît dans les bois morts

Après le festival de couleurs de novembre, voici venu le temps des brumes et des camaïeux de gris et de bruns qui ne manquent pas de charme. C'est dans les bois morts et dans le sol que la vie se concentre. Voici le retour des lombrics qui débordent d'activité en automne et en hiver après leur estivation. Des chercheurs ont estimé que ces laboureurs infatigables peuvent retourner 300 à 600 tonnes de terre sur un hectare de prairie. En Irlande, une étude gouvernementale a estimé à près d'un milliard d'euros par an les services écologiques rendus par ce petit ver de terre. Alors, pourquoi ne pas en faire l'allié d'une agriculture respectueuse de la nature ?

Un épisode de la série "SuperNaturel".

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Picta productions, CNRS Images

Année de production : 2015

Durée : 4min31

Accessibilité : sous-titres français

Décembre : la vie sous terre renaît dans les bois morts

SUPERNATUREL DECEMBRECOMMENTAIRE

Rappelez vous, l’automne était un vrai festival de couleurs. Peu à peu les arbres se sont endormis dans leurs racines, les dernières feuilles vont tomber, parfois à cause des oiseaux  et puis le gris, la pluie. Les araignées n’ont plus rien à manger, les escargots, eux, sont heureux.

GENERIQUE

Il n’y a plus de feuilles aux cerisiers, les journées sont les plus courtes de l’année. Le brouillard chargé d’humidité règne en maître. Vous le voyez le corbeau en train de becqueter une pomme de pin?

Il n’y a plus d’insectes butineurs. Tout semble immobile dans la prairie. Le long du pin s’écoulent des gouttes de résine visqueuse et parfumée. Elle contient des acides fabriqués par l’arbre pour se protéger d’agressions extérieures. Dans un million d’années, peut être, cette goutte sera fossilisée en ambre translucide.

Contrairement aux apparences, la vie se cache dans ce paysage d’arbres et de bois morts. Ils servent de protection et de nourriture à des espèces très diverses. Ces champignons en forme d’oreilles

décomposent le bois et recyclent ses parties mortes de façon efficace. Ils les transforment en humus. Bien caché, il y a tout un monde d’insectes utiles qui vivent dans ces bois tombés au sol. Ils s’en nourrissent, les dégradent et comme les champignons transforment ces vieilles souches en un sol fertile . Sans ces larves, ces cloportes et autres sans grades, nos forêts seraient ensevelies sous des montagnes de déchets accumulés au cours des ans.

D’autres invisibles font un travail indispensable à la vie de notre planète.Les vers de terre, les vedettes de nos sous sols. Après s’être reposés l’été, c’est l’estivation, au lieu de l’hibernation, ils déploient une intense activité en automne et en hiver, hors des périodes de gel.

Le lombric est un espèce étonnante. Des vaisseaux sanguins très fins captent l’oxygène de l’air à travers sa peau humide, du coup il n’a pas besoin de poumons, mais il a au moins 5 coeurs. Il perçoit les vibrations par pression et peut s’orienter  sous terre. Pour s’enfoncer dans le sol, il enfile sa tête fine dans une fissure puis contracte ses muscles et écarte la terre. Il peut déplacer jusque 60 fois son poids et fait partie des animaux les plus puissants du monde . C’est comme si une personne de 70kg pouvait déplacer 4 Tonnes.

En véritable ingénieur, il creuse des galeries et ainsi aère le sol mieux que quiconque. Grâce à ce travail, le terrain devient plus stable, les galeries favorisent l’infiltration de l’eau et le développement des racines, son mucus et ses déjections enrichissent le sol en sucres ce qui stimule les autres organismes du sol.

 Des scientifiques ont fait un calcul. Sur un hectare de prairie, ces laboureurs infatigables retournent entre 300 et 600 tonnes de terre par an. Les économistes cherchent actuellement à estimer la valeur des services rendus. En Irlande, une étude gouvernementale a évalué que le ver de terre rapporte 700 millions d'euros par an au pays grâce à sa capacité à purger la terre des matières mortes tout en en libérant les nutriments. Et si on prend en compte l’ensemble de leur contribution, les services rendus par les vers de terre irlandais dépasserait un milliard d’euros par an. C’est énorme ! Alors pourquoi continuer d’utiliser en agriculture des traitements qui les mettent gravement en danger ?

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Picta productions, CNRS Images

Année de production : 2015

Durée : 4min31

Accessibilité : sous-titres français