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Octobre : colchiques dans les prés et réserves d’écureuils

Quel lien entre les colchiques dans les prés (c'est la fin de l'été...), les hallucinations, les migraines chroniques et la biodiversité ? C'est à découvrir dans ce passionnant opus automnal à la gloire de la nature !

Un épisode de la série "SuperNaturel".

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Picta productions, CNRS Images

Année de production : 2015

Durée : 4min25

Accessibilité : sous-titres français

Octobre : colchiques dans les prés et réserves d’écureuils

SUPERNATUREL OCTOBRECOMMENTAIRE

Rappelez vous, l’automne est arrivé, certains hésitent. Rester là ou partir ? Les abeilles profitent des dernières fleurs disponibles. Du coup, les araignées tapies dans les feuilles s’en sont donné à coeur joie. Partout c’est la chasse pour survivre encore un peu avant l’hiver. Tous doivent redoubler de prudence.

GENERIQUE

Octobre, les cerisiers commencent à changer de couleur. La prairie devient plus terne. Peu à peu, le vert laisse la place au jaune. Presque seules à pousser en cette saison, les colchiques fleurissent dans les près. il y a encore des fruits, des figues qui nourrissent mouches et papillons. La longueur des jours diminue, les ressources se font plus rares. Moins de fleurs, moins de butineurs, et donc de nourriture pour leurs prédateurs. Il faut être efficace dans ses stratégies de chasse ou de fuite.  Le mimétisme, se confondre avec son décor en est une qui fonctionne bien en automne quand les couleurs sont plus homogènes

Vous la voyez la Linyphie tapie dans la clématite ? Et le phasme sur cette branche de sauge? Il se fait prendre pour une brindille, condamné à l’immobilité. Le moindre mouvement le démasquerait. Attention, il a levé la patte ! Par contre cette araignée crabe misumèna se trompe complètement de code couleur. Habituellement tapie dans les fleurs blanches, elle espère passer inaperçue sur les sauges rouges.

Elle chasse à l’affut , mais pour l’instant reste bredouille et fait d’ailleurs une drôle de tête.

Ces deux criquets qui ressemblent étrangement  à des feuilles mortes ont echappé aux araignées, aux lézards et aux oiseaux. Ils s’accouplent avant de mourir, leurs oeufs écloront au printemps.

Loin de ces drames, il y en a un qui est très occupé c’est l’écureuil. Il profite des belles matinées d’octobre pour s’adonner à sa tache favorite: emmagasiner des noix pour l’hiver. Nous n’avons pas eu de cerises cet été, nous n’aurons pas de noix non plus. Mais il n’est pas tout seul, un autre compère l’a rejoint. Et vu comme ils jouent ensemble, ce sont certainement des jeunes qui vont passer leur premier hiver. Très organisé, il vide méthodiquement les arbres de leurs fruits et les stocke au pied du pin. De temps en temps il fait la statue pour passer inaperçu. Il espère peut être lui aussi se rendre invisible  !

Les journées humides et encore chaudes favorisent la croissance des champignons. Dans les près, les bords de chemin, les sous bois. Savez vous que nous sommes plus proche d’un champignon que d’une plante et que nous avions un ancêtre commun, il y a 760 millions d’années environ ? Nous partageons toujours avec ces lointains cousins certaines similitudes. Prenons l’amanite tue mouche. En manger entraine de graves intoxications avec hallucinations. Des scientifiques ont travaillés sur ses constituants. Le muscimol, la substance hallucinogène mime l’action du plus important inhibiteur du système nerveux, un neurotransmetteur qui stoppe l’influx nerveux. Or il vient d’être découvert que la migraine chronique serait causée par le dérèglement d’une zone du cerveau qui gère notre capacité d’adaptation au stress. Le système de frein naturel de stop n’est plus efficace. Le muscimol qui contrebalance ce dérèglement pourrait être un remède contre ces maux de tête que rien n’arrive à soulager. La preuve qu’une espèce toxique peut rendre service. Et nous ne connaissons que 100 000 espèces de champignons, alors qu’ils seraient près de 5 millions !

Réalisation : Véronique Kleiner

Production : Universcience, Picta productions, CNRS Images

Année de production : 2015

Durée : 4min25

Accessibilité : sous-titres français