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Les sports de combat de l'Antiquité

Des sportifs s’attachent à retrouver les gestes et les règles des sports de combat pratiqués dans l’Antiquité. Démonstration de deux disciplines figurant au programme des premiers Jeux olympiques : le pugilat – ancêtre de la boxe et la lutte orthépale.

Réalisation : Caroline Ando

Production : Universcience

Année de production : 2020

Durée : 4min59

Accessibilité : sous-titres français

Les sports de combat de l'Antiquité

Inspirés par les vases grecs et les récits anciens, ces athlètes se sont spécialisés dans les sports de combat de l'Antiquité. Ils s'attachent ainsi à retrouver les gestes et les règles    de trois disciplines pratiquées dès les premiers jeux olympiques : le pugilat, ancêtre de la boxe, la lutte orthepale et le pancrace. «Nous, notre métier, c'est de faire de l'archéologie expérimentale. On essaie de retrouver les gestes et la technique de combat liés à ces sports. On part de ce qu'on retrouve, de ce que l'on sait, de ce qu'on nous dit dans les textes, et après on essaie de déterminer une technique. Ce que l'on connaît, c'est le matériel qu'ils utilisaient. Par exemple, chez les Grecs et chez les Romains, on va utiliser ce qu'on appelle des himantes, ou des cestes. Ce sont des lanières de cuir. Le but c'est de simplement maintenir les os de la main pour éviter qu'ils se cassent. On peut frapper sur tout le corps.   Le but c'est de soumettre l'adversaire : soit par chaos, soit qu'il abandonne le combat.  Il y a des représentations où le pugiliste abandonne en levant le doigt. On a aussi des sources sur la manière, la posture de combat.  Par exemple, la posture de garde, ça va être une posture qu'on appelle probole, les points jetés en avant. C'est une posture qui se comprend très bien, parce que du coup on n'a pas de gant. Si on prend, par exemple la boxe anglaise,   on a des gants très volumineux, rembourrés donc on peut les mettre proche du visage, ça fourni donc un amorti quand on prend les coups de poings. Alors que là, comme on n'a pas de gant, si vous mettez au poing, on n'a aucune protection, il n'y a pas de volume, donc, quand on veut frapper son adversaire, on frappe bras tendus, ça n'a aucun impact,. Il faut armer son coup, après ça va être une gestuelle comme ça, où on va venir enchaîner, frapper son adversaire en armant et en essayant d'enchaîner et de passer d'une garde à l'autre.» Comme l'atteste cette mosaïque, les combats de pugilat pouvaient être sanglants.  Pour la démonstration, où les coups sont portés,    les pugilistes des temps modernes ont enfilé des gants de boxe anglaise, et Benoît joue le rôle de l'arbitre. « Allez, continuez Allez, continuez, continuez ! Allez, continuez, perseverate ! Continuez,  depugnate ! Allez, allez, allez ! On enchaîne quelques coups, on se remet en position probole. Il y a des stars, par exemple Pythagore  a été un champion de boxe, pas champion olympique mais champion de sa catégorie.» Si les Romains et les Etrusques pratiquent volontiers le pugilat le sport le plus répandu  reste la lutte orthepale, la lutte debout. « En orthepale, le but est de faire tomber son adversaire, il faut rester debout.   C'est la lutte debout, il faut rester sur ses appuis, debout, et pour gagner un combat, il faut faire tomber son adversaire trois fois.  Ou alors vous le soumettez.  Par exemple, on vous fait une clé, une prise,  on vous déséquilibre, vous mettez la main au sol,    et bien c'est considéré comme tomber.  On se relève et on lance un nouvel assaut.   Ce qui est important, dans cette lutte, c'est la phase initiale. Très souvent les lutteurs, on les retrouve dans ce qu'on appelle en position de systasis. Montrez les gars la position de systasis. C'est une position qu'on trouve sur les sources archéologiques. Les lutteurs sont front contre front, et le but est de prendre le contrôle des bras de l'adversaire. Alors, pourquoi on en vient à cette posture-là ? Quand les lutteurs sont face à face, on ne va pas rentrer directement en position de systasis. Dans un premier temps, on va d'abord venir se chercher. On peut utiliser également sa tête pour venir déstabiliser son adversaire, avec la position de sub capum.  Quand ici, au lieu d'être front contre front, on peut essayer de passer au niveau du menton de son adversaire, pour relever et envoyer l'adversaire en déséquilibre vers l'arrière. On peut partir de la systasis et venir faire des ceintures, comme je le disais.   On peut passer dans le dos de son adversaire,  par exemple ici, prendre le contrôle. Ici, une fois que vous avez la ceinture, vous pouvez, par exemple, soulever et amener au sol. Allez messieurs, saluez-vous !  Allez en garde, pugnate ! Allez ! Allez ! On essaye de prendre le contrôle. Position de sub capum ici. Allez, continuez ! Perseverat. Continuez ! Perseverat, continuez ! Un beau passage dans le dos peut-être ? Continuez... Ah... continuez ! Allez, allez, allez ! Continuez ! Perseverat. Ah ! Ah ! Ah ! Voilà, je crois que c'est clair ! On peut applaudir les combattants qui sont là. Venez voir, messieurs, venez !»

Réalisation : Caroline Ando

Production : Universcience

Année de production : 2020

Durée : 4min59

Accessibilité : sous-titres français